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Les etats-unis d'Amérique. Source : Larousse 2009 - via le site internet. État d'Amérique du Nord, incluant l'Alaska (au nord-ouest du Canada) et les îles Hawaii (dans le Pacifique nord), les États-Unis sont baignés, a l'ouest, par le Pacifique, a l'est, par l'Atlantique et, au sud-est, par le golfe du Mexique ; ils sont bordés au nord par le Canada et au sud par le Mexique. C'est un État fédéral composé de 50 États, avec l'Alaska et les îles Hawaii, auxquels s'ajoutent le District fédéral de Columbia, ainsi que des possessions dans le Pacifique (Wake, Guam). À cet ensemble s'ajoutent des États associés, comme Porto Rico, et des îles ou archipels dans la mer des Antilles et le Pacifique.
Les États-Unis figurent au troisième rang mondial pour sa population et au quatrième rang pour sa superficie. Ils constituent la première puissance économique du monde.
Deux traits physiques ont une importance particulière dans la géographie humaine et l'économie des États-Unis. L'un est l'échelle continentale des distances. La diagonale Boston-Los Angeles mesure 4 000 km, comme la diagonale européenne Lisbonne-Arkhangelsk ; Seattle-Miami équivaut a Brest-Bahreïn, avec les mêmes correspondances en latitude. Dans le seul Colorado, les Rocheuses ont la longueur et la largeur des Pyrénées. Un autre trait important est l'extension en latitude : les États-Unis sont compris entre le 49e parallèle (Le Havre, Luxembourg) et le 25e (Tamanrasset, Karachi). Ces caractères ne doivent pas être perdus de vue dans la description physique des États-Unis.
Le territoire américain se divise en deux parties inégales. Le tiers occidental a une altitude moyenne élevée et porte les plus hauts sommets ; sa structure est fortement disloquée, et les mouvements tectoniques n'y sont pas achevés.
À l'exception des Appalaches, le centre et l'est du pays ont une structure calme ou peu tourmentée et se composent de plaines et de collines ; si les Appalaches ont quelques sommets de 2 000 m, leur altitude moyenne n'excède pas celle des Grandes Plaines au pied des Rocheuses.
Les massifs anciens comprennent d'abord les Appalaches, qui s'étendent de Terre-Neuve a l'Alabama sur 2 500 km. Les Appalaches forment un ensemble de plateaux, de crêtes et de sillons parallèles, vestiges d'une chaîne de montagnes d'âge hercynien. L'érosion a dégagé de longues bandes de roches dures (ridges) et creusé des dépressions dans des matériaux tendres (valleys), comme la vallée du haut Tennessee. Les Appalaches sont constituées, d'ouest en est, du plateau sédimentaire de Cumberland, de la zone des chaînons sédimentaires plissés, du bloc cristallin soulevé du Blue Ridge (2 000 m). Elles bordées a l'est par un plan incliné, le plateau cristallin du Piedmont, dont le contact avec la plaine côtière est souligné par une ligne de chutes d'eau, la Fall Lie.
Les massifs anciens se poursuivent avec les monts Ouachita et le plateau des monts Ozark (500 a 600 m), principalement sédimentaires.
Les Grandes Plaines, sédimentaires, s'élèvent lentement de part et d'autre du Mississippi et des rivages du golfe du Mexique vers l'ouest et les Rocheuses, jusqu'a plus de 1 000 m, et vers les Appalaches. Leur platitude est telle qu'on jalonnait les principaux itinéraires du Llano Estacado au XIXe s. La sécheresse du climat se prête parfois a la formation de dunes mobiles, comme au Nebraska. Les averses, rares mais souvent violentes, ont creusé un relief de crêtes ébouleuses dans des argiles (bad lands du Dakota). Les Grandes Plaines comprennent un empilement de terrains d'âge primaire au centre et a l'est, d'âges secondaire et tertiaire a l'ouest. La structure calme donne un relief de très vastes plaines et de cuestas (coteau du Missouri, cuesta Michigan-Niagara franchie par les chutes célèbres). Les bassins du Mississippi, du Missouri et de l'Ohio occupent ces plaines centrales.
La région des Grands Lacs a été sculptée par les eaux courantes et les glaciers quaternaires. Les cinq lacs – Supérieur, Michigan, Huron, Érié et Ontario –, qui sont aussi vastes que la moitié de la France, forment la plus grande étendue d'eau douce au monde. Autour de certains lacs (Huron et Michigan), le passage des glaciers est attesté par la présence d'abondantes moraines formant des collines arrondies. Atout pour l'agriculture, les dépôts fertiles de lœss sont un autre témoin de l'ère quaternaire.
Un fragment du Bouclier canadien, qui correspond au socle précambrien, s'individualise dans le N.-E., dans la région du lac Supérieur, en Nouvelle-Angleterre, dans le bloc soulevé des monts Adirondack, incisés de cirques glaciaires, et dans le Piedmont appalachien, région où les roches archéennes nivelées offrent un parfait paysage de pénéplaine, avec une altitude modérée et un moutonnement infini des collines. Le glacier quaternaire issu de la baie d'Hudson a poli et strié le substratum en creusant des milliers de cavités qui ont été transformées en lacs après la fusion des glaces. Dans les monts Ozark et les Black Hills, le socle précambrien pointe a travers la couverture sédimentaire.
Le golfe du Mexique et l'Atlantique sont bordés de plaines côtières ; des lagunes fermées par des cordons de sable (Pamlico Sound, côtes du golfe du Mexique) caractérisent le littoral régularisé sur presque toute sa longueur ; seul le puissant delta digité du Mississippi dépasse la ligne de côte.
L'Ouest, la partie la plus montagneuse du territoire, est occupé par une partie de la Cordillère nord-américaine, divisée elle-même en trois systèmes.
Le système pacifique comprend plusieurs parties : les Coast Ranges (chaînes côtières), des montagnes sédimentaires en formation, plissées, en général peu élevées, sauf dans les monts Olympic (2 400 m), Klamath (2 700 m) et San Bernardino (3 500 m), de lithologie et de structure plus complexes ; des dépressions (le Puget Sound, la vallée de la Willamette et la longue dépression longitudinale de la Grande Vallée ou Vallée centrale de Californie) ; de hautes montagnes volcaniques, la chaîne des Cascades, dans le N.-O. (4 391 m au mont Rainier et 4 317 m au mont Shasta), dans laquelle la Snake et ses affluents s'encaissent dans les coulées de tufs et de laves de l'Oregon ; le bloc cristallin soulevé de la sierra Nevada (4 418 m au mont Whitney, point culminant des 48 États).
Le système central est formé de plusieurs éléments : hauts plateaux volcaniques (plateau de la Columbia) ; hauts plateaux sédimentaires donnant des surfaces structurales et des cuestas (plateaux du Colorado, dont les couches multicolores sont entaillés par le Grand Canyon du Colorado, de 5 a 15 km de largeur, profond de 1 000 a 1 800 m, où l'érosion a sculpté un merveilleux dédale de tours, de ravins et de clochetons) ; plaines élevées parsemées de chaînons (zones cristallines et sédimentaires a couverture volcanique disloquées en horsts du Grand Bassin) ; profondes dépressions (− 75 m dans l'Imperial Valley, − 85 m dans la Vallée de la Mort). L'écoulement irrégulier aboutit dans des lacs (Grand Lac Salé).
Le système oriental est constitué par les montagnes Rocheuses. Celles-ci doivent a leur ancienneté relative des formes lourdes et des altitudes modérées, rarement supérieures a 3 000 m. Ce sont des séries sédimentaires, chevauchant les Grandes Plaines (Montana), ou encadrant des blocs sédimentaires a noyaux cristallins (Front Range au Colorado), ou encore recouvertes d'appareils volcaniques (monts San Juan). Si les Rocheuses se sont formées a la fin du crétacé et au début du tertiaire, le système pacifique ne date que de la fin du tertiaire et l'activité tectonique s'y poursuit sous forme de tremblements de terre (celui de 1906 a détruit San Francisco, celui de 1989 a fait d'importants dégâts, ainsi que celui de 1971 a San Fernando, sur la faille de décrochement encore active de San Andreas) et de volcans actifs (Lassen en 1915, Saint Helens en 1980). Cascades, sierra Nevada et Rocheuses présentent un relief glaciaire typique.
L'Alaska prolonge le système montagneux de l'Ouest en une double chaîne de montagnes arquée, elle aussi en cours de surrection. Son plus haut sommet, le mont McKinley (6 187 m), est le point culminant de l'Amérique du Nord. Au-dela des plateaux du Yukon, une large plaine alluviale s'incline vers les eaux froides de l'océan Arctique.
Au cours de quatre périodes humides et froides (Nebraska, Kansas, Illinois, Wisconsin), des inlandsis et des glaciers de montagne ont couvert près de la moitié du territoire des États-Unis. La glaciation Illinois a été la plus étendue (jusqu'a une ligne Williston-Saint Louis-New York) ; les formes de la dernière sont les plus fraîches. Dans les plaines centrales, les glaciers ont déposé des champs de drumlins et des guirlandes morainiques, comme les bourrelets parallèles qui entourent le sud du lac Michigan. La forme même des Grands Lacs est en partie héritée de celle d'anciens lobes glaciaires. L'Ohio et le Missouri ont adapté leur cours au front glaciaire Illinois. Dans les régions septentrionales, le socle précambrien a été raclé par la glace (roches moutonnées) et ses débris, mêlés parfois a des matériaux sédimentaires (calcaires), étalés jusqu'au front de l'inlandsis (drift).
Les cordillères de l'Ouest et le nord des plateaux n'ont pas échappé aux glaciers, qui ont sculpté cirques et vallées glaciaires dans les premières, et désorganisé l'hydrographie dans les seconds (Grand Coulee, ancien passage du fleuve Columbia détourné de son cours normal par un lobe glaciaire).
Aux périodes glaciaires a succédé une phase sèche, responsable de la désertification de l'Ouest. Le Grand Lac Salé est l'héritier d'un lac Bonneville postglaciaire, dix fois plus étendu et qui se déversait dans la Snake ; les lacs de l'ouest du Nevada sont les témoins d'un ancien lac Lahontan.
Du fait de leur étendue, de leur extension en latitude et de la disposition de leur relief, les États-Unis connaissent une grande variété de climats. La plus grande partie du territoire est située aux latitudes où domine la circulation d'ouest, caractérisée par le jet-stream en altitude et les perturbations du front polaire au niveau du sol. Un grand nombre de perturbations naissent au pied des Rocheuses et se développent sur la côte atlantique ; aussi les précipitations augmentent-elles de l'ouest a l'est dans cette partie des États-Unis. La côte pacifique est également exposée aux perturbations d'ouest, tandis que les plateaux intramontains et les Grandes Plaines, sous le vent des reliefs, sont très peu arrosés. La position moyenne du front polaire variant selon les saisons, les perturbations circulent plutôt au sud en hiver et au nord en été, avec des exceptions fréquentes. En été, des pluies orageuses de convection se produisent dans le Sud et le Sud-Est, qui sont soumis en fin d'été et en début d'automne au passage des cyclones tropicaux.
À l'est des Rocheuses, le relief permet la libre circulation de l'air polaire et arctique vers le sud ou de l'air tropical vers le nord ; d'où le caractère brutal et contrasté du climat des plaines centrales. Le rôle climatique des mers bordières, modérateur dans le Nord-Ouest, est surtout négatif ailleurs par suite des courants froids : l'été reste frais sur les côtes de Nouvelle-Angleterre (courant u Labrador) et même sur celles de Californie (remontée d'eaux de fond).
Les climats de l'Ouest (dont la limite se situe vers le 100° méridien, a la bordure est des Grandes Plaines) sont caractérisés par une aridité plus ou moins accusée, sauf dans le Nord-Ouest. La côte de cette région jouit en effet d'un climat tempéré maritime comparable a celui de l'Europe occidentale, avec un hiver doux et un été frais (Seattle : 4,4 °C en janvier, 17,8 °C en juillet). L'air océanique apporte des précipitations fréquentes (de 180 a 200 jours de précipitations annuelles) et abondantes ; l'été est relativement sec. La chaîne des Cascades doit a son altitude et a son exposition aux vents d'ouest des précipitations considérables (jusqu'a 3 et 4 m, en partie sous forme de neige, sur les pentes des monts Olympic). La pluviosité diminue rapidement vers l'intérieur, où seuls les plus hauts sommets restent enneigés toute l'année.
La Californie a un climat de type méditerranéen ; les pluies, peu abondantes, tombent surtout en hiver, qui est clément (13 °C en janvier a San Diego, 12 °C a Los Angeles) ; l'été est sec et torride dans la Grande Vallée (moyenne de juillet : 28,5 °C a Bakersfield), frais et souvent brumeux sur une très mince bande côtière (moins de 15 °C a l'orée de la baie de San Francisco, où influe un courant maritime froid), ou agréable (20,5 °C a Los Angeles en juillet). Les pluies totales sont faibles (moins de 400 mm).
Le désert Mohave et l'ouest de l'Arizona connaissent une sécheresse extrême : Yuma ne reçoit que 80 mm de pluies par an, moins que certaines stations sahariennes. Ce sont des fournaises en été : les températures peuvent rester des semaines au-dessus de 38 °C a Yuma et a Phoenix, dans l'Arizona, et le maximum absolu mondial s'élève a 56,6 °C dans la dépression encaissée de la Vallée de la Mort, en Californie, le point le plus bas de l'Union (− 85 m). L'aridité va ici de pair avec une intense luminosité : 3 700 heures d'ensoleillement par an a Phoenix.
Les plateaux intérieurs et les Grandes Plaines, très peu arrosés, sont désertiques dans le Sud par suite de leur situation abritée et semi-arides dans le Nord (dans le nord des Grandes Plaines, envahi par l'air arctique, l'hiver est très froid : – 14,4 °C en janvier a Williston, dans le Dakota du Nord).
Les hautes montagnes, surtout les versants exposés a l'ouest, reçoivent des précipitations notables (de 1,5 a 2 m dans le nord de la sierra Nevada), ce qui en fait les châteaux d'eau de ces régions arides. Le Grand Lac Salé est un témoin d'un lac très étendu avant l'aggravation de l'aridité.
Les climats de l'Est sont de plus en plus humides vers le sud-est, effet combiné de l'activité dépressionnaire augmentant vers l'est et de l'influence croissante des conditions tropicales vers le sud.
Les Grandes Plaines ont un climat continental sec (moins de 500 mm) ; balayées tour a tour par l'air polaire et l'air tropical, elles subissent des types de temps très contrastés ; dans le Nord, les hivers sont rigoureux (− 10 a − 15 °C en janvier, avec des minima nocturnes qui peuvent descendre a − 25 °C aux abords de la frontière canadienne) ; dans le Sud, la chaleur extrême de l'été (moyenne de juillet : 28 a 30 °C ; 21,5 °C a Denver en juillet) accroît l'aridité. La pluviosité est de plus en plus faible a mesure que l'on s'avance vers l'ouest (Denver n'enregistre que 360 mm de précipitations annuelles). La sécheresse est encore plus marquée dans l'Ouest intérieur, éloigné des sources d'humidité du golfe du Mexique et du Pacifique.
Dans le Midwest et le Nord-Est, les traits continentaux du climat s'atténuent vers l'est : hivers moins rudes, quoique vagues de froid et tempêtes de neige y soient fréquentes (janvier − 12 °C a Saint Paul, 0 °C a New York, ville située a la latitude de Naples), et le total pluviométrique augmente (600 mm a l'ouest, 1 000 a l'est). L'été est chaud et lourd dans le Midwest (environ 25 °C en juillet). Dans la région des Grands Lacs (Marquette), les hivers sont froids, les étés frais, et la saison sans gelée est courte (de 100 a 150 jours) ; l'exploitation forestière et l'élevage s'y développeront mieux que l'agriculture. Dans le centre des plaines intérieures (Peoria), l'été est humide et très chaud ; on compte de 160 a 200 jours sans gelée ; c'est le climat du maïs. Les Adirondack et les hauteurs de Nouvelle-Angleterre ont des hivers longs et neigeux.
Sur la côte atlantique, le temps est très instable par suite de l'activité dépressionnaire ; en hiver alternent invasions d'air continental très froid et afflux d'air océanique relevant les températures ou apportant de la neige (abondante en Nouvelle-Angleterre).
Le climat subtropical humide règne dans le Sud. L'hiver est doux (10 a 12 °C en janvier, plus de 240 jours sans gelée). En été, l'air tropical issu du golfe du Mexique entretient un climat chaud (moyenne supérieure a 22 °C pendant 5 a 6 mois), lourd et humide, avec des pluies abondantes (plus de 1 300 mm au total dans l'année, tombant surtout en été) et parfois le passage dévastateur des typhons. C'est le climat du coton, du riz, de la canne a sucre. L'extrême sud de la Floride appartient au climat tropical (Miami) : température presque toujours supérieure a 20 °C (avec, en été, 27,5 °C a Miami et a Savannah, 26 °C a Richmond) ; pluies copieuses, tombant surtout en été et en automne.
L'Alaska, au bord de l'océan Pacifique, est également influencé par l'océan (la station de Sitka enregistre − 2 °C en janvier, 11 °C en août et reçoit 4 000 mm de précipitations par an). Toutefois, le climat se dégrade rapidement vers le nord et l'intérieur, où règnent le froid, la sécheresse et les longues nuits hivernales. Le sol gèle toute l'année en profondeur (permagel) ; seuls quelques centimètres superficiels dégèlent en été.
La carte des paysages végétaux reproduit celle des climats, avec l'opposition entre l'Ouest et le reste du pays. Toutefois, le Centre doit être mis a part, parce qu'on y rencontre tous les degrés de transition entre les paysages de l'Est humide et ceux de l'Ouest aride. Forêts et bois occupent encore 27 % du sol. Une grande part (la totalité pour les parcs nationaux) appartient a l'État fédéral ou aux États qui le gèrent.
Dans l'Ouest, les montagnes très arrosées (Cascades, nord des Chaînes côtières et de la sierra Nevada) portent une forêt luxuriante de conifères géants (sapin de Douglas, épicéa d'Engelmann, séquoia, spruces). Dans le nord de la Californie se dressent les plus grands arbres du monde – les séquoias s'élèvent parfois au-dessus de 140 m. Alors que, dans les montagnes subhumides (Rocheuses, sud de la sierra Nevada, Wasatch), des pins ou des épicéas alternent selon l'altitude et l'exposition. Le sol est fortement podzolisé (conifères, précipitations abondantes). Les montagnes semi-arides (Arizona, chaînons du Nevada) portent des forêts claires de chênes sempervirents (Californie) ou de plus en plus xérophiles vers le sud (pins, genévriers en Arizona), sur des lithosols et des seroziom (sols, gris subdésertiques).
La végétation des plateaux intérieurs reflète l'aridité croissante du nord au sud : prairie courte de graminées sur les plateaux de la Columbia, steppe a armoise dans le Grand Bassin, tandis qu'un désert a plantes grasses et épineuses (cactées) règne dans la région du bas Colorado et le sud de l'Arizona. Le chaparral, sorte de maquis a chênes xérophiles sempervirens et a plantes grasses et épineuses, garnit les Chaînes côtières de Californie et les bas versants encadrant la Vallée Centrale, dont le sud était une maigre steppe avant l'irrigation. Les sols de type désertique, gris au nord, rouges au sud, passent aux solonets (sols salés) dans le Nevada et le sud de la Grande Vallée.
Entre les Rocheuses et le Mississippi, les formations naturelles comprennent des prairies et des steppes a graminacées, denses et hautes a l'est, de plus en plus basses et ouvertes vers le pied des Rocheuses. Remontant les vallées affluentes du Mississippi, des sortes de forêts-galeries sont composées d'espèces de plus en plus xérophiles vers l'ouest. Les types de transition, dans lesquels alternent prairie haute, forêt de noyers ou de trembles et prairie boisée, sont plus fréquents près du Mississippi. Une limite d'aridité, correspondant a 500 mm au nord et a 750 au sud, voisine du 100e méridien, sépare les sols a percolation (pedalfers) de la partie humide du pays et les sols a remontées minérales (pedocals) de l'Ouest. Les sols noirs ou brun foncé de la prairie haute (plateaux de la Columbia) appartiennent au premier groupe, et le tchernozem de la transition a la steppe ainsi que les sols châtains des Grandes Plaines arides au second.
Trois grandes formations forestières couvrent le tiers est du pays.
La forêt mixte canadienne déborde sur la Nouvelle-Angleterre, les Adirondack, le nord des Appalaches et surtout la région des Grands Lacs. Les conifères (pin blanc, pin rouge, cyprès) sont plus nombreux que les feuillus (bouleau, hêtre, tilleul, orme, frêne, érable). C'est une des grandes réserves de bois des États-Unis. Comme au Canada, on exploite la sève de l'érable a sucre pour la confiserie. Au cours de l'été indien, les frondaisons resplendissent de toutes les nuances du rouge cuivré, de l'or et du brun. Vers le nord, les feuillus se raréfient ; dans la forêt boréale, seul le bouleau accompagne encore les conifères (pin, sapin, épicéa).
Plus au sud, du haut Mississippi a la côte moyenne atlantique, s'étend la forêt caducifoliée de chênes, de châtaignier, de hêtres, de noyers, d'érables, de tilleuls, de tulipiers, de frênes, d'ormes, de bouleaux et de platanes. Sauf dans les Appalaches, elle a été presque entièrement défrichée (en Illinois, une enclave naturelle de prairie dans cette forêt a joué un rôle capital dans l'histoire du peuplement). Dans la densité du sous-bois se remarque la vigne sauvage, espèce insensible au phylloxéra. Sur le Piedmont appalachien et la plaine côtière atlantique, les feuillus cèdent progressivement la place aux conifères méridionaux.
Le Sud-Est, a l'intérieur d'un triangle Miami-Washington-Houston, était originellement couvert d'une forêt pure de conifères tropicaux, dont Faulkner décrit la surexploitation dans Lumière d'août (1932). Sa vigueur reste extraordinaire : les pins arrivent a maturité en seulement vingt ans. Le long de la façade littorale et en Floride croissent le chêne a larges feuilles, la mangrove tropicale et les formations aquatiques (marais des Everglades), qui sont occupées par des formations forestières ou arbustives a cyprès ou gommier. Les sols, d'un type podzolique accentué dans la forêt mixte, passent aux sols gris-brun et bruns forestiers dans la forêt tempérée caducifoliée, puis a des latosols subtropicaux, rouges et jaunes, dans le Sud.
photo-france, de ses regions, de ses villes et villages.
Plus vaste pays de l'Union européenne, la France est un carrefour entre le nord et le sud de l'Europe. Elle a en outre le privilège de disposer de plusieurs façades maritimes. Les grands types de reliefs européens y sont représentés : plaines (Bassin parisien, Bassin aquitain), massifs anciens (Massif central, Massif armoricain et Vosges) et montagnes jeunes (Alpes et Pyrénées). Le climat est océanique a l'ouest, semi continental a l'est, méditerranéen au sud-est et montagnard en altitude (au-dela de 1 000 m). Les plus fortes densités de population se situent sur les littoraux et dans les vallées fluviales. Malgré la décentralisation administrative et le développement des grandes villes, Paris concentre encore la plus grande partie du pouvoir de décision en matière économique et politique. La France est une grande puissance économique (4e ou 5e). La force de son économie repose sur l'importance de sa population active. Son agriculture bénéficie d'une grande variété de sols et de climats. Elle emploie un vingtième de la population active et les exportations agricoles et agroalimentaires sont largement supérieures aux importations. Les industries traditionnelles sont en crise et les industries de pointe représentent les points fort du secteur secondaire. Les usines modernes sont regroupées dans des technopoles a proximité des universités et des laboratoires de recherche. Le secteur tertiaire fournit plus des deux tiers des emplois.
Le territoire français, de forme hexagonale, a une configuration a la fois assez massive, articulée et équilibrée (environ 1 000 km du Pas-de-Calais aux Pyrénées et de la Bretagne a l'Alsace). Tant par son climat que par sa structure, la France participe au monde de l'Europe du Nord-Ouest et au monde nord-méditerranéen. Du premier, elle possède les montagnes anciennes et usées, les ensembles de plaines et de bas plateaux des bassins sédimentaires ; du second, les montagnes jeunes et vigoureuses.
D'où une certaine diversité, enrichie par les paysages littoraux, où alternent falaises, plages, marais, voire deltas. S'y ajoute la diversité, sans excès, des ambiances climatiques, du fait d'une large ouverture aux influences océaniques (que le relief et la continentalité dégradent inégalement) et d'une emprise du domaine méditerranéen sur les régions méridionales.
Les plus vieux terrains ont été reconnus dans le Massif armoricain, en baie de Morlaix et au cap de la Hague. Un jalon intermédiaire repéré a Icart, dans l'île de Guernesey, a donné son nom, l'icartien, a cet ensemble de métasédiments et d'orthogneiss datés de 2 milliards d'années. Sur ce môle s'appuient les formations sédimentaires briovériennes, affectées par l'orogenèse cadomienne et traversées par les diorites et les granodiorites du batholite manceau (− 650 a − 500 millions d'années).
Au cours du paléozoïque, la France appartient a un domaine mésogéen large, mais, en fait, il s'agit d'une zone complexe, a évolution rapide, en partie située sur une cordillère qui se comporte comme une véritable dorsale mobile.
Le paléozoïque inférieur est connu dans le Massif armoricain avec une discordance nette a la base du cambrien. Une sédimentation détritique s'installe ensuite jusqu'a la grande transgression ordovicienne, laissant se déposer les grès armoricains. Le silurien, a sédiments variés, fait suite, mais en affleurements plus épais. Des formations synchrones sont identifiées dans le Massif central, la Montagne Noire, fortement tectonisée ; les Pyrénées appartiennent a un autre domaine paléogéographique.
Pendant cette période qui a suivi l'orogenèse calédonienne, le magmatisme se poursuit. Dans le sud du Massif armoricain, le Massif central et les Pyrénées, les témoins de l'activité plutonique de cette époque sont nombreux sous forme d'orthogneiss et d'amphibolites.
Le paléozoïque moyen suit l'événement calédonien, bien marqué en France. Il comporte une évolution du monde vivant, avec des organismes qui sortent des eaux et qui conquièrent le milieu continental. Les Vosges, la Normandie et, en partie, la Bretagne constituent des hauts-fonds instables a sédimentation détritique, alors que le sud de la Bretagne, la Montagne Noire et les Pyrénées voient se sédimenter des calcaires de mer chaude.
La fin du dévonien est une époque d'intense activité tectonique, où s'élabore l'essentiel des structures du sud du Massif armoricain et de l'ouest du Massif central, et où se développe un métamorphisme intense des formations impliquées.
Cette activité se poursuit pendant le paléozoïque supérieur, où les vieux massifs français acquièrent pratiquement leur configuration actuelle avec, en particulier, la mise en place de massifs granitiques, échelonnés entre − 300 et − 290 millions d'années.
Le paléozoïque supérieur débute par une remarquable transgression et voit se mettre en place la chaîne hercynienne. Les formations houillères se déposent durant ce laps de temps ; elles sont le plus souvent de type paralique au nord et de type limnique au sud. Des épisodes détritiques nivellent ensuite les reliefs.
Cette ère voit la phase ultime de l'orogenèse hercynienne et la phase préparatoire de l'orogenèse alpine. La mise en place d'un climat chaud, amorcée au paléozoïque, se confirme.
Au jurassique, la France est recouverte par des mers successives, avec mise en place d'une sédimentation carbonatée souvent riche en fossiles récifaux. Les terres émergées (Massif armoricain, Massif central, ride anglo-belge, etc.) paraissent sans relief. Il y a concurrence entre les faunes mésogéennes et les faunes boréales.
Durant le crétacé, qui voit l'ouverture de l'Atlantique, un schéma presque identique reste en place, après une régression générale a la fin du jurassique. Au début, seuls la cuvette parisienne, les régions landaises et de l'Adour, et le domaine alpin restent marins. Plus tard, la mer du Nord, la Manche, l'Atlantique et la Mésogée envahiront le territoire, ne laissant émerger que d'anciens môles. La sédimentation reste carbonatée (craie), mais des formations détritiques rythmiques apparaissent sur l'emplacement des Alpes et des Pyrénées (flysch).
Au cours de cette ère, la France prend peu a peu l'aspect que nous lui connaissons. Il faut retenir surtout la mise en place des Pyrénées (éocène) et des Alpes (oligocène), suivie peu après d'une série de glaciations qui vont modeler définitivement notre pays. Durant cette ère alternent encore des régressions et des transgressions, mais leur ampleur va en diminuant : le littoral se rapproche de celui que nous connaissons. Vers la fin de l'ère cénozoïque, on note une intense activité volcanique, de type alcalindans le Massif central et de type calco-alcalin dans le domaine alpin.
Située a l'extrémité occidentale de l'Europe, la France a un relief varié et, dans l'ensemble, assez modéré : son altitude moyenne est de 342 m, tandis que 62 % de sa surface sont au-dessous de 250 m et 7 % a peine au-dessus de 1 000 m. En fait, la majeure partie du territoire est formée de plaines, de collines, de plateaux ou de petites montagnes aux altitudes modérées et aux formes peu vigoureuses. Une grande ligne en S, allant de la Montagne Noire (sud-ouest du Massif central) aux Vosges par les Cévennes, le Vivarais, le Charolais, le plateau de Langres, jalonne la limite entre deux espaces.
À l'ouest, c'est le domaine hercynien et la France des grandes plaines et des bas plateaux, aux horizons marqués par les aplanissements et par l'incision des vallées, ou par le moutonnement des collines dont l'altitude reste faible. Les reliefs sont suffisamment atténués pour que la circulation soit aisée, sauf au cœur du Massif central et des Vosges. La ligne précitée rassemble précisément les points culminants des unités géologiques qui s'y terminent, et les seuils qu'elle comporte s'en trouvent valorisés d'autant. C'est sur elle que prennent naissance un grand nombre de fleuves et de rivières, du Tarn a la Moselle, en passant par la Loire et la Seine ; c'est la limite entre les bassins hydrographiques gagnant l'Océan ou ses mers annexes, et ceux qui sont dirigés vers la Méditerranée. Les premiers ne tiennent pas compte des différentes unités géologiques, tant fut étroite la solidarité morphologique entre les massifs anciens et les bassins sédimentaires.
À l'est et au sud dominent les montagnes mises en place par les grands mouvements tertiaires et leurs avant-pays, ainsi que quelques secteurs effondrés (Alsace, plaine de la Saône). C'est la France aux reliefs jeunes, aux contrastes topographiques accusés, aux systèmes hydrographiques plus complexes, guidés par les accidents structuraux, cependant aérée par des couloirs ou des seuils qui facilitent la circulation. Le long des frontières avec la Suisse, l'Italie et l'Espagne, les communications sont gênées en raison du petit nombre des passages praticables et de l'altitude parfois élevée des cols.
À l'intérieur de ces deux unités, les nuances sont d'un autre ordre. Dans les chaînes de formation récente, les zones géologiques ordonnent la répartition des paysages. Mais d'autres différences proviennent du degré de la marque glaciaire et de l'agressivité des eaux courantes. Ainsi le Jura, atteint par les glaces mais non sculpté par elles, a un relief moins heurté que les Préalpes et les Alpes ; les Alpes du Sud et les Pyrénées orientales doivent beaucoup de leurs traits physiques a la torrentialité méditerranéenne. Dans la France hercynienne, certaines distinctions se fondent surtout sur la nature des roches. Les formes lourdes, les dislocations compactes, les vieilles surfaces creusées de gorges, une dissection dense en rapport avec des terrains imperméables sont le lot des massifs cristallins aux sols acides et lessivés ; les étendues rocailleuses et burinées des plateaux calcaires secs, aux rivières plus rares, affectées de pertes, contrastent avec eux. Mais, ailleurs, l'organisation du relief, dans le détail, combine la structure et l'agencement hydrographique ; les aptitudes physiques y dépendent aussi des terrains superficiels.
En simplifiant, on peut distinguer trois grands types de reliefs : les massifs anciens, les chaînes jeunes et les plaines et les bas plateaux.
En dépit de leur diversité apparente, les collines bretonnes, les hautes chaumes vosgiennes ou les serres cévenols appartiennent a la même famille de reliefs, celle des massifs anciens, ou des massifs « hercyniens ». Ce sont en effet de très vieilles formations, longuement arasées par l'érosion, plus ou moins bousculées lors des mouvements tertiaires et rajeunies par l'érosion, qui y a entaillé des vallées en gorges.
Les vieilles terres des montagnes usées se signalent par des paysages profondément liés a la nature des roches. Celles-ci commandent parfois le modelé de détail ; mais en tout cas elles sont, par leur rigidité, responsables du comportement des terrains lors des mouvements du sol ; leur composition siliceuse se répercute sur les sols qui en dérivent, tout comme leur imperméabilité les prédispose aux landes et aux forêts.
Ces roches sont : des sédiments anciens, fortement redressés et plissés, où dominent les schistes, les grès et les quartzites (les calcaires sont parfois présents, mais dans de faibles proportions) ; des matériaux métamorphiques, c'est-a-dire partiellement « digérés » par les roches cristallines de profondeur (schistes, gneiss) ; ou encore des affleurements de terrains de la famille des granites. Cette composition, même lorsqu'elle est variée, atténue les aptitudes a l'érosion différentielle, qui n'est exploitée que de manière subordonnée. La cohérence des matériaux les a rendus aptes a conserver la trace des surfaces d'aplanissement qui les ont successivement retouchés après le démantèlement posthercynien, et leur résistance a l'incision fait alterner les interfluves lourds et les vallées en gorge, par l'intermédiaire de versants convexes.
Dans les secteurs les plus relevés des massifs et dans leurs parties les plus internes, les formes dominantes sont souvent des dômes lourds (« ballons vosgiens »), des éléments de plateau d'érosion hérissés seulement de quelques blocs résiduels ou de quelques crêtes plus résistantes, ou qui se creusent d'alvéoles dus a l'altération en surface des roches cristallines (Morvan « troué », Massif central). Une partie de ces altérations est d'ailleurs héritée de ce que l'on a appelé la « maladie tertiaire » (attaque chimique sous climat tropical). Les tourbières (fagnes, faings...) et la lande a bruyères et a fougères s'y étendent aisément. Vers l'extérieur et près des artères hydrographiques principales, le défoncement par les cours d'eau réduit ces formes a l'état de lambeaux. Les paysages deviennent ceux de « pays coupés » où les versants s'encombrent parfois de chaos de boules (Huelgoat, Sidobre) ou de débris fins (arènes) d'où suintent les sourcins en bas de pente. Les fonds de vallée, humides, portent des prairies verdoyantes.
En dehors de cas où les lignes du relief proviennent de la lithologie, l'essentiel de la trame des paysages découle des mouvements qui ont relevé des vieilles terres. Leur rigidité leur a fait répondre aux poussées par des gauchissements et des cassures, des basculements, des soulèvements ou effondrements de blocs entiers. D'où encore la possibilité de garder la trace des aplanissements qui les ont affectés.
Terres ingrates, elles voient leurs aptitudes réduites encore par le lessivage des eaux de pluie. Rien d'étonnant alors a ce que la rudesse des traits ne se trouve pas atténuée par l'opulence de la mise en valeur. Même fortement peuplés, les massifs anciens ne se prêtent qu'a une agriculture besogneuse, s'inscrivant souvent dans un cadre de bocage et d'habitat dispersé, grignotée sur les landes ou les forêts qui constituent leurs parures les plus fréquentes.
Des nuances importantes existent toutefois. Le Massif armoricain et l'Ardenne ont plusieurs traits comparables : la faiblesse des altitudes d'abord (les points culminants de l'Armorique ne dépassent guère 400 m, 417 m précisément au mont des Avaloirs, l'Ardenne se tient vers 200 m a l'ouest, 505 m a l'est) ; la nature des terrains ensuite (l'Ardenne est surtout faite de roches sédimentaires anciennes, et le Massif armoricain, plus métamorphique, reste encore apte a la mise en valeur des barres de roches dures, quartzites par exemple, donnant un relief dit « appalachien »). Il en résulte des paysages de crêtes allongées de grès entre des dépressions, a côté des formes planes, qui restent dominantes. Les principaux accidents topographiques sont les vallées encaissées. L'altitude assez faible est due a l'éloignement des zones de surrection montagneuses du Tertiaire. Les déformations n'y manquent pas cependant, qui interfèrent avec la nature des roches pour expliquer la répartition des reliefs. Malgré cela, l'individualisation dans la topographie des terrains anciens par rapport aux assises sédimentaires qui sont venues s'y appuyer, de manière irrégulière souvent, n'a pas toujours été réalisée.
Les Vosges du Sud et le Massif central dans ses parties internes et orientales se signalent par d'autres traits. Les sommets y dépassent 800 m et peuvent atteindre 1 500 m. Les Vosges, plus proches des Alpes que le Massif armoricain et l'Ardenne, ont été plus nettement soulevées et forment une petite montagne, s'élevant jusqu'a 1 424 m. Affectés de mouvements de soulèvement et de bascule, ils ont subi un défoncement plus sensible, guidé par des accidents anciens ayant rejoué.
Le relief des parties élevées reste lourd du fait de la nature essentiellement cristalline des terrains, de la dimension des blocs issus du compartimentage tectonique, de la marque des anciens aplanissements. Mais l'empreinte des glaciers s'y est inscrite ; les morsures des cirques sur les flancs des crêtes, les lacs d'origine glaciaire s'ajoutent aux beautés naturelles des hautes terres froides, que couvrent des chaumes, des « gazons » (Vosges) ou des landes (Margeride, Forez). Les versants de vallées, élargies ou approfondies par les langues glaciaires quaternaires, se prêtent a l'étagement de la végétation et de l'habitat et a l'estivage des troupeaux. Les côtés les plus abrupts, dérivés de grands accidents cassants, sont en revanche l'objet d'une dissection plus marquée, a la faveur du bas niveau de base que constituent les dépressions voisines. Une division des flancs en lanières, ou « serres », y défigure très vite les éléments de surface, qui sont au contraire mieux reconnaissables sur les pentes douces des blocs basculés.
Le Massif central, assez fortement bousculé, forme un ensemble complexe : plateaux plus ou moins élevés (Limousin), petits massifs de roches anciennes (Forez), plaines d'effondrement (Limagnes) et massifs volcaniques (Velay, Auvergne) ; le point le plus haut s'élève ici a 1 885 m au puy de Sancy. Cette région englobe dans sa partie méridionale des terrains sédimentaires secondaires : ce sont les Causses, hauts plateaux calcaires connus pour la netteté de leurs formes karstiques.
– Un climat plus rigoureux et humideCes hautes terres ont un climat plus rigoureux, humide, et connaissent un enneigement prononcé. Des nuances pourtant y opposent les parties occidentales, très arrosées, et les secteurs orientaux et les dépressions intérieures, plus sèches et plus ensoleillées. Voués aux cultures pauvres, a l'herbe et aux forêts, ces massifs se sont révélés aussi aptes a l'industrie grâce a leurs eaux vives, aux bois et aux gîtes minéraux. Ils ont attiré la première métallurgie, les industries textiles (il convient d'ajouter, pour le Massif central, le rôle du charbon) et la sériciculture. Le tourisme s'y développe, suscité par la beauté des paysages et des forêts, et maintenant par la neige, malgré certains handicaps (irrégularité de la saison de neige, difficulté d'accès et insuffisance des équipements, plus attirés par les hautes montagnes).
Les montagnes jeunes offrent des paysages plus grandioses et plus variés. Les mouvements ont porté les terrains jusqu'a de très fortes altitudes (2 500 a 4 000 m). Les points culminants sont beaucoup plus élevés que dans les massifs anciens : 1 718 m dans le Jura (crêt de la Neige), 2 710 m en Corse (monte Cinto), 3 298 m dans les Pyrénées françaises (Vignemale) et 4 810 m dans les Alpes, au mont Blanc, sommet le plus haut du continent européen, en dehors du Caucase. Malgré l'érosion, ces montagnes forment encore des barrières imposantes, aux sommets vigoureux, ciselés en aiguilles, crêtes et dents, ou modelés en lourdes coupoles. Les vallées profondes, défoncées par les fleuves ou les glaciers, engendrent des dénivellations considérables ; sur les versants et les parois se lisent les actions de la glace (cirques), du gel, des avalanches, de la torrentialité, des glissements de terrain et des éboulements. La raideur des dénivellations, le caractère impétueux des cours d'eau, l'enneigement abondant, la violence des forces d'érosion imposent aux hommes des conditions de vie sévères et incommodes, réduisent les espaces exploitables, freinent la circulation, tandis que le climat frais de l'été, rude de l'hiver limite les cultures.
Du point de vue de leur structure existent plusieurs ressemblances entre Alpes et Pyrénées, Préalpes et Jura. Alpes et Pyrénées comportent une zone axiale granitique ou schisteuse, celle des Pyrénées en position frontalière, celle des Alpes s'étendant du Mont-Blanc a l'Oisans, et une bande de terrains plissés où dominent les assises calcaires. Cette bande est étroite (maximum de 30 km) et vigoureusement redressée, formant un véritable « front », dans les Pyrénées, que devancent seulement sur une modeste longueur des Pré-Pyrénées peu impressionnantes et vite enfouies sous la sédimentation aquitaine. Dans les Alpes, la zone plissée en avant des massifs centraux est plus ample, découpée par de grandes « cluses » en massifs originaux, du Chablais au Vercors, plus confuse dans les pays de la Drôme et de la Haute-Provence où s'observent les chevauchements des « baous ». Les Alpes françaises comptent, en outre, une unité interne, plus violemment plissée en nappes de charriage de dureté variable, aux vallées profondément entaillées.
La disposition des unités et l'organisation des vallées permettent une pénétration aisée des Alpes, montagnes ouvertes par un grand et profond sillon qui court de l'Arly au Champsaur et aérées par les grandes vallées de l'Isère, de l'Arc ou de la Durance et de leurs affluents ; divers ensellements et passages transversaux ajoutent encore a leur pénétrabilité. Celle des Pyrénées est plus restreinte, car il n'existe de sillon qu'avec des tronçons de vallées de l'Ariège et du Salat. Les vallées, transversales, sont en cul-de-sac vers l'amont, et les cols sont élevés, sauf aux extrémités. Une glaciation moins intense dans cette montagne « méridionale » a réduit aussi les défoncements. En compensation, les formes lourdes des Pyrénées comportent, près des sommets, des surfaces étendues, des « plâs », ou « calms », a l'altitude des alpages. Dans les Alpes, ceux-ci se trouvent surtout dans l'encadrement des hautes vallées ; de toute façon, il existe dans les deux chaînes des conditions favorables a l'estivage des troupeaux.
Chacune des deux montagnes a un secteur voisin de la Méditerranée, où la neige est plus rare (la glaciation le fut aussi) et la torrentialité plus accusée. Les Pyrénées, plus « défilées » des vents d'ouest que les Alpes, qui les reçoivent de plein fouet, ne sont très humides qu'en Pays basque et sur le front externe jusqu'a l'Ariège, alors que les Préalpes au nord de la Drôme sont copieusement arrosées, ainsi que les massifs centraux. L'intérieur des deux chaînes connaît une atténuation relative des précipitations, mais celles-ci restent suffisantes pour que de belles forêts poussent aux étages favorables et que les rivières soient bien alimentées. D'où les richesses fort intéressantes des montagnes, encore dotées de gisements minéraux (charbon de La Mure, fer du Canigou et de l'Ariège, autres métaux, pierres) dont dérivent la vieille métallurgie et un artisanat encouragé par la longueur des hivers. D'où aussi l'intérêt hydro-électrique de ces massifs, où les dénivellations et les lacs ne font pas défaut. L'enneigement lui-même est maintenant source de profit (le ski s'ajoutant a l'alpinisme, plus traditionnel) ; les cures d'altitude, le thermalisme résultent également des éléments physiques que l'on a su exploiter.
Entre les Préalpes et le Jura oriental et méridional, les similitudes sont celles qu'offrent des montagnes moyennes (1 000 a 2 500 m) dominées, structuralement, par la disposition plissée de leurs assises : des chaînons parallèles, individualisant des « vals » ou s'ouvrant de dépressions intérieures profondes (« combes ») que dominent les « crêts » calcaires bordiers. Ce sont des montagnes aux horizons plus réguliers aussi, encore que dans les Préalpes les aspérités soient bien plus fréquentes, les plissements ayant été plus énergiques et l'érosion plus importante (altitudes plus fortes, glaciers anciens plus puissants).
L'abondance des précipitations (plus de 2 m) rend verdoyants ces pays calcaires, grâce aussi aux dépôts glaciaires et aux revêtements marneux. De belles prairies, de magnifiques forêts donnent a ces deux unités une certaine ressemblance dans la composition des paysages.